À Miti-Murhesa, dans le territoire de Kabare, province du Sud-Kivu, Adeline Barhalibirhu Birindwa partage aujourd’hui une expérience de changement au sein de son foyer. Mère et responsable de six enfants, dont l’un est l’enfant de sa belle-sœur, elle affirme avoir progressivement changé sa manière de communiquer et d’interagir avec les membres de sa famille grâce aux séances de dialogue communautaire « Washindi ».
Dans le cadre du projet « Mobilisation communautaire pour prévenir et atténuer les Violences Basées sur le Genre (VBG), tout en facilitant l’engagement communautaire et les référencements sécurisés permettant aux survivantes d’accéder à des services de soins spécialisés dans 12 zones de santé de la province du Sud-Kivu », Adeline a participé à des séances consacrées notamment à la masculinité positive, à la parentalité positive, aux droits de l’enfant et à la prévention des violences au sein des familles.
J’ai compris que mes comportements avaient des conséquences !
Avant de participer aux groupes de discussion Washindi, Adeline reconnaît qu’elle avait parfois des réactions qu’elle ne mesurait pas pleinement. « J’insultais les gens et les enfants à la maison sans réfléchir. »
Au fil des échanges, elle dit avoir commencé à prendre conscience des conséquences de certains comportements sur les membres de sa famille et sur les relations au sein du foyer.
Certaines expériences personnelles, notamment les difficultés familiales qu’elle a traversées, ont également influencé sa manière de vivre les relations au sein de son ménage. Les séances de dialogue lui ont permis, selon son témoignage, de réfléchir différemment à ces situations et de rechercher des solutions davantage fondées sur le dialogue.
Les droits de l’enfant, un déclic
Parmi les différents thèmes abordés, celui relatif aux « droits et à la protection de l’enfant » a particulièrement retenu son attention. « Je ne frappe plus mes enfants. Dans le passé, lorsque j’étais en colère, je pouvais avoir des réactions très fortes », explique-t-elle.
Adeline explique que les enseignements reçus l’ont aidée à mieux contrôler ses réactions et à privilégier désormais le dialogue dans l’éducation de ses enfants.
Elle témoigne également d’une évolution dans ses relations avec son conjoint. Après avoir partagé avec lui certains messages et enseignements reçus lors des groupes de discussion, elle observe une plus grande implication de celui-ci dans les tâches domestiques et l’éducation des enfants : « Mon conjoint prépare déjà les aliments quand je suis au champ et lave les habits des enfants. Il commence aussi à conseiller les enfants. Cela rend déjà notre famille plus épanouie. »
Pour Adeline, ces changements constituent des signes encourageants d’une évolution des relations au sein de son foyer et de la manière dont les responsabilités familiales sont partagées.
De la prise de conscience à l’action
L’expérience d’Adeline illustre l’importance des espaces de dialogue communautaire dans la réflexion sur les comportements, les relations familiales, la protection de l’enfant et la prévention des VBG. Son parcours montre également que le changement peut commencer par une « prise de conscience individuelle », avant de se traduire progressivement par des changements dans les relations avec le conjoint, les enfants et l’entourage.
Tout en exprimant sa reconnaissance pour les enseignements reçus dans le cadre du projet, Adeline souhaite que « davantage de maris, de membres des familles et de voisins puissent participer aux séances de dialogue communautaire », afin que les messages sur la masculinité positive, la parentalité positive et la prévention des violences puissent toucher un public plus large : « J’aimerais que les maris et les voisins participent également à ces séances, car chacun peut apprendre quelque chose et contribuer au changement dans sa famille et dans sa communauté. »
À travers ces témoignages, GHOVODI met en évidence l’importance de l’engagement communautaire dans la prévention des VBG, la promotion de relations familiales respectueuses et la protection des enfants, tout en encourageant les communautés à devenir elles-mêmes actrices du changement.